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Mar 05

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Hubert Baltus est parti pour sa dernière patrouille

Mr Baltus

La classe 39 vient de se déforcer : le Brigadier Hubert Baltus vient d’être désigné pour cette fameuse mission dont on ne revient plus jamais.

Il était de ceux qui étaient sculptés dans un bois dur. Ce  verviétois d’origine, volontaire pour tout, jeune inconscient ou vrai héros de la première heure, s’est retrouvé en poste d’observation sur le glacis près du bloc mortier le 10 mai 1940. Alors que les allemands cherchaient les failles du système, il transmettait les informations au PC sous un feu direct et nourri.
Après une accalmie, il prend contact avec le poste de commandement pour recevoir les ordres, et c’est à ce moment, qu’il se rend compte que le commandement l’avait oublié ! C’est en rampant, sous les impacts et les sifflements des balles, qu’il rentre par le B3 pour rejoindre l’équipage en branle-bas de combat. Félicité personnellement par le commandant pour cette mission périlleuse, il rejoint son poste pour assurer sa fonction au service de transmission, où sa discrétion valait son pesant d’or. Au courant de beaucoup de choses, il suit les combats de près, devant garder des secrets parfois lourds. On peut dire, sans se tromper, qu’il a contribué efficacement au bon fonctionnement du fort durant ces douze jours.

Son récit du mouvement vers la captivité était rempli d’humour. Il adorait raconter l’histoire du camarade qui, pris de maux de ventre, s’était réfugié dans une toilette et qui, à la fin de sa commission, criait après les gardes pour qu’ils l’attendent. Racontée par notre Hubert, cette anecdote prenait toute sa saveur.

Son histoire pourrait se terminer le 21 mai 40. Il aurait pu rejoindre les rangs des prisonniers sans soulever des vagues. Mais que nenni… ! Lors d’un rassemblement des prisonniers, on lui demande de quitter les rangs. C’est la peur au ventre qu’il entend le militaire allemand dire  que c’était pour être fusillé…Suivi de la fameuse phrase : « Je rigole!  Vous allez être le cul dans le beurre pour le restant de la guerre ! » Hors de la bouche d’un allemand cela veut tout dire ou le contraire…

Embarqué dans un convoi, le voilà parti direction COLDITZ, où notre Hubert se retrouve comme ordonnance dans la fameuse forteresse transformée en camp de prisonniers pour officiers. Au service des officiers et au courant des confidences, il effectue son service d’une manière exemplaire. Mais notre Brigadier enregistrait et se souvenait de tout ce qui se disait.

A la libération du camp, il se trouve au centre d’ Hambourg sous les bombes. Dans cette ville incendiée, pulvérisée par la folie humaine, il avoue avoir un sentiment de satisfaction et de réparation, pour son papa décédé pendant sa période de captivité.

Mourir dans la solitude de l’ancien, que seul celui qui a vécu des moments intenses peut comprendre, c’est le destin de toutes ces personnalités qui n’ont pas trop raconté d’histoires, mais qui ont fait l’histoire de notre royaume.

A toi l’ancien, bonne patrouille, et, quand tu te présenteras au corps de garde du paradis, n’oublie pas de signaler à l’officier de garde que t’es un ancien du Fort d’Aubin-Neufchâteau. Ils t’octroieront un nuage d’observation en première ligne qui sera digne de recevoir un homme, un vrai !

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KR et DD

Mr Baltus 2

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