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Mar 17

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Joseph Straetmans embarqué dans les tourbillons de l’histoire contemporaine

Suite à l’affectation régionale des miliciens au Fort,  les villages du coin  étaient concernés au premier de degré par le destin du Fort.

Tous les parents  vivaient des moments pénibles , puis tombe la nouvelle de la rédition du fort!

Il y auraient des tués!

, les chiffres s’enflamment, les bruits qui courent , les mamans s’éffondrent…

l’incertitude, la peur…

et voilà un visiteur  à la triste mine….

Voilà , j’ai une mauvaise nouvelle….   C’est Joseph!

straetman

Les parents s’accrochent à tout ce qu’il peuvent pour justifier cette perte .

L’honneur, la liberté, le sacrifice et petit à petit  ils s’en font une raison, suite à la reconnaissance du sacrifice de leur fils par le royaume.

Les ambitions personnelles des politiques de l’époque, l’emportant toujours sur l’intérêt général, nous voici confronté à une crise communautaire,  qui met toutes les raisons qui ont permis d’accepter le drame,  en question .

Monsieur Xhonneux nous a transmis un résumé qui illustre comment un héros du Fort  d’ Aubin-Neufchâ teau est aspiré dans le tourbillon de l’histoire contemporaine .

Même si ce qui suit ne cadre pas toujours avec ce que l’on veut entendre, lisez et réagissez en silence

Le Journal d’Aubel a écrit ceci à son propos le 13/10/1946

REMERSDAEL — On nous écrit : Un héros de chez nous décoré à titre posthume. — Nous ap­prenons que le Ministère de la Défense Nationale vient de décerner à titre posthume au soldat Jos. Straetmans, fils de M. Gilles Straetmans-Levaux du Bois-Rouge, la Croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold II, avec Palme, la Croix de Guerre 40 avec Palme et la Médaille commémorative 40-45.

Rappelons brièvement que Joseph Straetmans, mobilisé depuis sept. 1939 au fort d’Aubin, se trouvait au matin du 10 mai, en congé dans sa famille. Il rejoignit son poste sans hésiter et su­bit avec ses camarades de la région, les premiers assauts ces vagues grises. Il tomba à son poste de combat. Une grenade ennemie le frappa en plein combat. Il fut tué sur sa pièce.

Pendant la guerre, son corps fut ramené à Rémersdael et ses camarades de combat le portè­rent au cimetière du village où il repose mainte­nant parmi les siens.

Le Ministère de la Défense Nationale vient de récompenser le héros. Par un arrêté du 6-12-45, S. A. R. le Prince Régent vient de décerner à titre posthume au soldat Straetmans Joseph la Croix de Chevalier de l’ordre de Léopold II avec Palme et la Croix de Guerre 40 avec Palme. Par ailleurs la médaille commémorative 40-45 lui est décer­née à titre posthume par un arrêté du 29-4-46. Dans la citation qui accompagne ces attributions nous lisons: Au soldat Straetmans Joseph, tombé en brave pour la défense des foyers et de l’hon­neur du peuple Belge – signé: Defraiteur.

Nous sommes heureux de pouvoir présenter à cette occasion nos plus vives félicitations aux pa­rents, à son frère qui fit la campagne de 40 et qui fut prisonnier en Allemagne, ainsi qu’à tous ses proches. Rémersdael est fier de son héros. Et le souvenir ce son sacrifice suprême restera vi­vant parmi notre population toute entière.

 

Le 6 juin 1962, le Journal d’Aubel termine ainsi le récit d’une manifestation organisée à Aubel :

C’est toutefois sur une note émouvante que devait se terminer cette nouvelle et solennelle séance de protestation : la lecture par le président d’une lettre adressée à S. M. le Roi par M. Straetmans, bourgmestre démissionnaire de Rémersdael, qui, devant l’inanité de ses protestations, se voyait dans la triste obligation de renvoyer les distinctions honorifiques octroyées à titre posthume à son fils, mort au Champ d’Honneur au Fort d’Aubin-Neufchâteau. Etreinte par l’émotion, ainsi du reste que le président qui en omit de remercier les orateurs, ce dont il s’excuse, l’assistance ovationna longuement M. Straetmans, puis, debout, écouta dans un religieux silence, l’hymne national.

 

Et il donne le contenu de la lettre dans son édition du 9 juin 1962 :

A propos des projets linguistiques

Samedi dernier, au cours du meeting organisé à Au­bel, lecture a été donnée d’une lettre adressée au Roi par M. G. Straetmans, bourgmestre démissionnaire de Rémersdael. En voici la teneur :

Sire,

Pour beaucoup de Belges, habitants des Fourons, les paroles que vous avez prononcées le dimanche 27 mai, à Gand, ont été un déchirement nouveau.

Paroles de sagesse et d’apaisement, elles réaffirment ce que tous nous avons toujours considéré comme notre devoir, mais aussi comme notre droit le plus sacré.

Nous voudrions encore pouvoir y croire. Mon fils ainé est tombé, en mai 1940, pour la défense de la liberté de notre pays au fort d’Aubin. Une seule consolation m’était restée : homme libre, il avait offert sa vie pour la défense de la liberté du peuple belge.

Cette pauvre et seule consolation vient de m’être enlevée par le vote de la Chambre et par celui de la Commission du Sénat qui, contre la volonté de 96 pour cent de ses électeurs, rattachent la commune de Rémersdael à la province du Limbourg, et imposent à mes administrés un régime qui n’est pas le leur et dont ils ne veulent pas.

Sire, je prends la respectueuse liberté, avec infiniment de peine, de vous renvoyer les distinctions octroyées à titre posthume à mon fils et qui étaient pour moi le souvenir le plus cher.

Elles me disent trop cruellement que le sacrifice consenti l’a été en vain.

J’ai l’honneur d’être, Sire, de Votre Majesté, le très respectueux et très fidèle serviteur.

Rémersdael, le 4 juin 1962.

http://remersdael.be/Biographies/Straetmans.html

 

Les gars d’Aubin-Neufchâteau n’ont pas seulement raconté des histoires , mais ils ont fait l’histoire.

Pensez-y !

 

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