Le « Fort » et le « Wallon », c’était tactique!

Voici le récit d’une décision de commandement importante Cptn Lannoy in the Cdt office

( extrait de http://www.maisondusouvenir.be/fort_aubin_neufchateau.php )

« L’Colletbeû » !

Sur la grand’ route se trouve une plaque en fonte sur laquelle il est écrit « M. D. N. – Défense de toucher. » Il suffisait d’enfreindre cette défense pour trouver le réseau des téléphones des forts de Liège. Aussi, dès le 1l mai, nous entendions des grattements sur les lignes et nos communications étaient chicanées.

Mais l’initiative privée a du bon ! Une ligne, non prévue sur les plans, avait été établie entre les guetteurs de Saint-Jean-Sart (du fort de Neufchâteau) et ceux de la Croix de Charneux (qui dépendaient de Battice). Par cette ligne, nous restions donc en liaison avec notre voisin. Les Allemands nous entendaient mais ne pouvaient nous empêcher de parler.

Le brave maréchal-des-logis Dechêne, qui dans les situations les plus difficiles a toujours conservé un excellent moral, inventa de faire désormais les communications en patois de Verviers.

Je voudrais vous donner un échantillon de ces messages où les circonlocutions les plus pittoresques tendaient à dérouter un écouteur trop indiscret.

Il fallait se choisir un « indicatif ». Un cryptogramme fut lancé à Battice qui désormais, puisqu’il est un centre colombophile important, s’appellera « L’Coletbeû[8] » ! tandis que le commandant d’Ardenne choisit le nom de « vi maïeté[9] »… et ainsi va !

Quelle ne fut pas la surprise des officiers du fort, lors de la reddition, de se voir interroger par l’Etat-major allemand :

– Colletbeû, où ça est ?… Nous afons beaucoup entendu à téléphone : « Ici, Colletbeû », mais nous pas trouffer sur la carte…

A la prochaine édition on y pensera !

[8] Le colombophile.

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