11 Mai 1940 09h00 à 13h00

09H03             Le bloc C3 signale qu’une lunette de tir d’une pièce de 47mm est touchée et doit-être remplacée (vers 3 cheminées).

Cette pièce continue à tirer en visant par le tube en direct sur un canon anti-char situé dans les ruines des 3 cheminées.

20 coups sont tirés sur le Pak qui finit par se taire.

09H32             Assaut ennemi venant des 3 cheminées vers B3.

Fort ouvre le feu, beaucoup de victimes ennemies jusque dans les tétraèdres.

09H40             Survol du fort par un Dornier.

Violent bombardement par gros calibre, tirs semblent venir du fond de Val Dieu.

B2, BM, et C3 subissent tirs de MI situées dans ferme Weykmans.

09H50             Bombardement du fort par batterie située dans carrière de sable.

Réplique du fort sur cette carrière par les MI et la 75mm du B1.

50 coups sur carrière.

09H55             B1 touché par contre-batterie, coup d’embrasure, une volée emportée, coupole hors service.

Témoignage du Mdl. Idon Toussaint, spécialiste du matériel

En contradiction avec le rapport officiel, il déclare que les deux pièces ont tiré coupole incomplètement levée, la salve à éclaté contre les voussoirs  provoquant l’éclatement des deux tubes.

Il précise : j’ai du recouper les tubes au chalumeau sur 15cm, n’ayant pu recouper suffisamment les tubes, les récupérateurs étaient insuffisants pour la rentrée en batterie.

Après chaque coup il fallait ramener chaque tube en batterie à l’aide d’un cric, le travail sur les tubes s’est fait dans le couloir des voussoirs.

Témoignage du brigadier Goffart Jean, spécialiste en matériel :

J’ai recoupé les tubes avec le Mdl. Idon, une des pièces a pu reprendre le tir le 11 vers  21H35, l’autre pièce, le 12 dans la matinée.

La rentrée en batterie a exigé au début l’emploi d’un cric, par la suite, un levier suffisait, les deux pièces ont fonctionné de la sorte jusqu’au 21 mai. L’emploi de fortes charges n’était plus possible.

J’attribue l’incident à un mauvais fonctionnement du dispositif de levée de la coupole.

Nous avons également eu des ennuis avec les récupérateurs.

Il est inexact qu’un canon a été retiré de la B2 pour être placé à la B1.

A partir du 12, les deux canons fonctionnaient, la rentrée en batterie d’une des pièces présentait de temps à autre des difficultés.

Le 21, des dispositions ont été prises pour la faire sauter mais j’ignore qui s’en est chargé.

Témoignage du Cdt :     A mon sens il s’agit d’un coup d’embrasures, mais l’incident d’un tir dans les voussoirs est plausible, la coupole n’étant pas équipée de la sécurité d’éclipse.

Les pièces du B1 ne pouvaient plus tirer à forte charge, j’ai donc donné l’ordre de placer un tube du B2 au B1, j’ai toujours cru que le travail avait été fait, le Mdl. Idon est venu m’avertir que le travail avait été fait, je m’en souviens très bien.

Mdl Bontemps témoigne :

J’ai été affecté à la B1 avec le Mdl. Rome.

Exécutant un tir dans la chambre à canons sous les bombardements je n’ai pas entendu l’ordre d’évacuer le bloc.

Après deux salves je crie « pièce prête », personne ne répond, tous les servants étaient partis sauf le Mdl. Rome qui contre mon avis fit descendre la coupole, il se fâcha me disant que je m’exposais trop et que Battice allait tirer sur nous en protection.

Suite témoignage du Mdl. Bontemps :

Battice ouvrit le feu pour nous dégager des troupes se trouvant sur le massif, pendant ce tir nous attendions au pied du puit l’ordre de remonter.

J’entendis des paroles stupides telles que « on marche dans la coupole, les boches y sont sûrement »

Je me moquais d’eux en ayant toutefois un doute au fond de moi.

Suite témoignage Bontemps à 09H55 :

Ordre de réoccuper la coupole, hésitation du personnel !

Je monte avec deux volontaires, Proumen louis et Deckers, nous arrivons à hauteur de l’étage distributeur et bac à huile, nous trouvons la porte d’accès calée par une barre de fer que l’on a glissée de l’autre côté entre le bac à huile et le mur.

Je place Deckers en faction devant la porte et monte au premier étage avec Proumen , arme à la hanche, je vais dans la chambre à canons, dans les cloches, je reviens ensuite à l’emplacement des interrupteurs.

J’éclaire partout, personne, la barre bloquant la porte était tombée d’elle-même. J’ai eu tellement peur qu’il m’a fallu toute ma volonté pour avancer sans rien laisser paraître

Un autre incident concernant la nourriture qui n’était pas abondante, un matin au déjeuner, je devais distribuer deux biscuits et deux morceaux de sucre par homme, lorsque tout fut distribué il ne restait pour Rome et moi-même que deux biscuits.

J’entendis un soldat dire que la nourriture était pour les officiers et sous-officiers, qu’il faudrait refuser tout travail.

Je lui et dit que nous avions eu moins qu’eux et que ses propos étaient punissables de mort, que j’étais en droit de l’abattre su le champ.

L’incident fut clos et tout le monde fit son travail.

Concernant l’incident de la coupole voici ce que je puis en dire :

Nous avions reçu de l’alcool, pour le personnel de la coupole distribué à rations égales par mes soins à tout le personnel.

Le Mdl. Vandergeeten Edouard en avait absorbé une grande quantité, la coupole fut insuffisamment levée et le tir se fit dans les voussoirs bloquant la coupole pendant plusieurs heures et diminuant ses performances.

Les canons recoupés présentaient une correction de portée de 150 mètres sur une distance de trois kilomètres.

J’ai été prisonnier au camp de Versen et libéré le 27 mai 1945. En 1947 j’ai eu une petite fille (Arlette).

10H01             Tir de PAK 37mm et 88mm venant des 3 cheminées sur B1, B2, B3.

Demande à Barchon de tirer sur 3 cheminées

10H04             PO.O296 signale infanterie à 200 mètres du PO. direction clocher de Warsage.

Ordre à officier de tir de tirer 25 coups de mortiers dans cette direction.

Fort exécute de nombreux tirs de défenses rapprochées.

10H30             Assauts repoussés par coupole B2 et ses MI, 47mm et mortiers.

Cheminées aération bombardées par calibre 150mm ou 220mm.

11H15             Cloche du BM signale unités de MI s’installant entre les gisements 1649 et 1761.

Située dans la haie qui borde le chemin de terre des 3 cheminées à La Heydt.

Ordre aux officiers de tir du B2 de tirer 50 coups sur objectif.

Chef de corps s’informe de la situation du fort et exprime sa satisfaction pour la conduite de l’ouvrage.

12H30             Canon situé à la ferme Goffart tire sur B1, information communiquée au groupe pour demander tir de Barchon sur cet objectif.

12H45             Batterie prend position près de Berneau entre le pont sauté et le passage sous la voie.

Ordre à B2 de neutraliser cette batterie par 100 coups OEI fus.i.A. en vue directe.

Batterie neutralisée, chevaux tués, blessés, grand désarroi et fuite des servants.

Bombardement intense sur B1 et B3.

13H00             Tir sur ferme Goffart par Barchon (re : 250700-J157080) est bon mais légèrement à droite,

Observation non aisée suite à la brume.

Troupes allemandes doivent passer à travers champ pour éviter les tirs

du fort sur routes et carrefours.

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